Avec près de 300 taxons endémiques dont 130 stricto-corse, la Corse possède une richesse spécifique remarquable. Le Conservatoire Botanique National de Corse a pour mission de sauvegarder ce patrimoine floristique. Pour cela, ses actions portent sur l’inventaire et le suivi de la flore, la conservation de la flore et des habitats, la collaboration avec différents organismes de recherche, l’information et la sensibilisation du public. Toutefois de nombreuses nuisances, dont les invasions biologiques, menacent la préservation de ce patrimoine. Etant donné le contexte d’insularité, les espèces invasives constituent en Corse une des préoccupations majeures pour la préservation du patrimoine floristique.
Les espèces invasives sont des espèces d’origine exotique qui prolifèrent et pullulent au point de concurrencer les espèces autochtones. Leurs modes de reproduction (sexuée ou asexuée) et leurs stratégies de dissémination hautement performantes favorisées par les activités anthropiques facilitent leur implantation dans les milieux naturels.
La plupart de ces espèces envahissantes exotiques sont à l’origine utilisées en tant qu’espèce horticole. D’autres modes d’introduction volontaires ou involontaires tels que la dissémination via les moyens de transport ou la contamination de produits agricoles participent à leur dissémination. Ces espèces ont un impact sur la diversité biologique – perte de la biodiversité végétale et parfois animale ; formation de peuplement à tendance monospécifique-, mais, également sur la santé - allergies - et sur l’économie locale.
La lutte contre ces espèces est particulièrement difficile à mener. Effectivement, pour l’heure, seules deux espèces de Jussie (Ludwigia grandiflora (Michx.) Greuter & Burdet et Ludwigia peploides Kunth (Mill.) Swingle font l’objet d’un arrêté interministériel permettant une réglementation sur leur vente et leur détention.
Le moyen de lutte le plus couramment utilisé, le plus efficace et le moins impactant sur le milieu est l’arrachage manuel, Outre cette technique de lutte, le contrôle mécanique (engin de chantiers), le contrôle chimique ou le contrôle biologique peuvent dans certaines situations être employés. Ces méthodes de lutte sont souvent coûteuses et ne sont pas toujours garantes de résultats. Aussi, la lutte est d’autant plus efficace qu’elle intervient en début d’invasion. Si l’invasion s’avère trop importante, seul un contrôle de l’espèce pourra être envisagé.
Bien souvent, une période de quelques années à plusieurs décennies peut s’écouler avant que le caractère envahissant ne s’exprime. Il est de ce fait assez difficile de prévoir ce phénomène si ce n’est en appliquant le principe de précaution à partir d’observation réalisés dans d’autres régions du monde.
Endémique : espèce propre à un territoire bien circonscrit
Taxon : unité de classification de rang quelconque (variété, sous-espèce, espèce, genre, famille, …)